Histoire

SOMMAIRE [Mise à jour du 17 novembre 2011]

 

I - HISTOIRE DU PARTI RADICAL EN FRANCE

 

II - Liste des présidents du Parti Républicain Radical et Radical Socialiste



III - Listes des Présidents de la République et des Présidents du Conseil issus du Parti Républicain Radical et Radical Socialiste

 

IV - HISTOIRE DU PARTI RADICAL EN EURE ET LOIR


V - Liste des leaders du Parti Républicain Radical et Radical Socialiste en Eure et Loir (Parti Radical 28)


I - HISTOIRE DU PARTI RADICAL EN FRANCE

Remonter aux origines du radicalisme, c'est retrouver les racines de notre histoire, celle qui conduit notre pays de la monarchie absolue au suffrage universel et à la République.
 Aux sources du mouvement, il y a d'abord la Révolution Française, dont Clémenceau, l'une des grandes figures du radicalisme, disait qu'elle était « un bloc » indissociable. De fait, tout au long de son évolution, le Parti Radical a reflété les tensions de la Révolution Française, entre libéralisme et affirmation d'un Etat fort, régionalisme et centralisme par exemple.
Ce pragmatisme est une constante chez les radicaux. Profondément humanistes, ils ont toujours été aux avant-postes pour exprimer la prééminence du citoyen dans la vie publique, réclamer l'autonomie de l'individu dans la sphère privée, défendre la liberté de penser. L'histoire du radicalisme va ainsi s'inspirer des valeurs de progrès tracées à cette époque par des hommes comme Rousseau, Condorcet et Auguste Comte.

 

Les radicaux contre la Monarchie de juillet et le Second Empire

Dans la “ France radicale “ d’avant la guerre de 1914, trois noms jalonnent l’action politique. Combes d’abord, le “ petit père “ Combes, modeste et énergique, anticlérical mais spiritualiste fervent, symbole de la lutte pour la liberté de penser. Gouvernant, après la victoire de la gauche en 1902, en s’appuyant sur une majorité regroupant les progressistes dissidents, les radicaux, les radicaux-socialistes et les socialistes de Jaurès, il liquide la question des congrégations. Un peu plus tard, en 1905, alors qu’il n’est plus au pouvoir et que les socialistes ont rompu le bloc des gauches, c’est son esprit qui inspire la loi sur la séparation des Eglises et de l’Etat du 9 décembre 1905, qui donne une assise juridique à la laïcité de l’Etat.
Sous la Restauration, le courant radical se confond avec le parti républicain, mais à partir de 1830, il se précise et s'affirme : sa principale revendication porte sur le suffrage universel. Garnier-Pagès, élu député de l'Isère en 1831 est considéré comme le premier parlementaire radical français. Battu en 1834, il est réélu dans la Sarthe en 1835. A la Chambre, il regroupe autour de lui de jeunes députés : parmi eux, François Arago qui prononce en mai 1840 un discours demandant l'établissement du suffrage universel et proclamant la nécessité "d'organiser le travail". L'association de ces deux thèmes constitue une nouveauté et une évolution de la pensée radicale.
A la mort de Garnier-Pagès le 26 juin 1841, un jeune avocat, Ledru-Rollin, lui succède. Sa profession de foi publiée dans "Le Courrier de la Sarthe" lui vaut des poursuites judiciaires et de ce fait, lui assure une large publicité. La Révolution de 1848 offre aux radicaux leur première expérience gouvernementale : Ledru-Rollin est nommé ministre de l'intérieur, Hippolyte Carnot, ministre de l'instruction publique et Victor Schoelcher, secrétaire d'Etat à la marine.
Les radicaux se regroupent avec les socialistes pour préparer les élections législatives d’avril 1849, au sein d’un Comité démocratique socialiste, appelé “ Comité Montagnard “. Ce comité publie, le 5 avril, un programme très radical qui met en avant les libertés publiques et la justice fiscale :

  • Défense énergique de la forme républicaine et du suffrage universel direct.
  • Maintien et développement de la Constitution dans le sens démocratique. Unité du pouvoir.
  • Subordination formelle du pouvoir exécutif à l’Assemblée Nationale.
  • Liberté réelle de la presse. Abolition des cautionnements et des privilèges d’imprimerie.
  • Inviolabilité du droit de réunion et d’association.
  • Droit au travail.
  • Institutions de prévoyance pour les Infirmes et les vieillards. Education commune, gratuite, obligatoire et intégrale en raison des aptitudes. Dès aujourd’hui, large extension de l’instruction primaire. La noble fonction d’instituteur convenablement rétribuée et rehaussée aux yeux des populations.
  • Réforme administrative et judiciaire.
  • Simplification des rouages dans l’administration et des formalités de justice.
  • Organisation démocratique des services publics. Conditions d’admissibilité ; garanties de capacité ; indépendance du fonctionnaire en dehors de sa fonction.
  • Révision des codes. Justice véritablement gratuite. Abolition de la contrainte par corps.
  • Abolition de la peine de mort en matière criminelle.
  • Réforme financière.
  • Organisation démocratique du crédit foncier, agricole, industriel et commercial.
  • Centralisation et exploitation au profit de la société tout entière des assurances, de la banque, des chemins de fer, des canaux, de toutes les voies de communication et des mines.
  • Réforme du régime hypothécaire.
  • Abolition de l’usure.
  • Réduction du budget et répartition équitable des charges de l’impôt. (...)
  • Large développement de l’agriculture et de l’industrie : mise en valeur des terres incultes ; vaste système d’irrigation et de reboisement.
  • Régularisation, moralisation du commerce encouragé dans son essor loyal, dans son développement utile, mais purgé de toutes les fraudes, de toutes les exactions qui le déshonorent.
  • Création d’entrepôts et de bazars nationaux.
  • Encouragements aux associations agricoles et industrielles.
  • Organisation démocratique et développement des sciences et des arts appliqués aux besoins de la société nouvelle.
  • Accroissement de la richesse publique par l’association des éléments producteurs.
  • Respect des nationalités.
  • Affranchissement et sainte alliance des peuples, fraternité des races

Le coup d'Etat du 2 décembre 1851 réduit au silence les radicaux. Mais, à partir de 1860, émerge une nouvelle génération sous le patronage moral de Jules Simon. Peu après, un nouveau chef de file s'impose: Gambetta. En 1869, il publie son programme électoral, inspiré des cahiers de doléances de 1789, sous le titre "Le cahier de mes électeurs" plus connu sous le nom de "Programme de Belleville". Les points essentiels traitent de la défense du suffrage universel, du développement des libertés dans tous les domaines - presse, réunion, association, religion - et de l'obligation d'une instruction primaire, publique, laïque et gratuite. En 1870, avec Jules Favre, Gambetta proclame la République. Nommé ministre de l'intérieur dans le gouvernement de Défense nationale, il incarne aux yeux des Français l'esprit de résistance.
En 1871, 70 députés radicaux sont élus, dont Gambetta, qui prononce le 26 septembre 1872 à Grenoble un discours annonçant l'apparition dans la vie politique française "d'une couche sociale nouvelle". Pour les conservateurs, ces propos sont scandaleux, ils y voient un appel à l'agitation et à la subversion. Ils demandent au Gouvernement "de combattre l'audace croissante du radicalisme". A la même époque, une élection partielle à Paris voit la victoire du candidat radical, Barodet, sur le ministre des affaires étrangères, Charles de Rémusat. En conséquence de ces deux événements : Thiers, taxé de faiblesse par la majorité monarchiste, doit quitter le pouvoir.

PROGRAMME DE BELLEVILLE EN 1869 :
Citoyens, Au nom du suffrage universel, base de toute organisation politique et sociale, donnons mandat à notre député d’affirmer les principes de la démocratie radicale et de revendiquer énergiquement :
  • L’application la plus radicale du suffrage universel tant pour l’élection des maires et des conseillers municipaux, sans distinction de localité, que pour L’élection des députés ;
  • La répartition des circonscriptions effectuée sur le nombre des électeurs inscrits ;
  • la liberté individuelle désormais placée sous l’égide des lois et non soumise au bon plaisir et à l’arbitraire administratif ;
  • L’abrogation de la loi de sûreté générale ;
  • La suppression de l’article 75 de la Constitution de l’an VIII et la responsabilité directe de tous les fonctionnaires ;
  • Les délits politiques de tout ordre déférés au jury ;
  • La liberté de la presse dans toute sa plénitude ;
  • La suppression des brevets d’imprimerie et de librairie ;
  • La liberté de réunion sans entraves et sans pièges avec la faculté de discuter toute matière religieuse, philosophique, politique ou sociale ;
  • L’abrogation de l’article 291 du Code pénal ;
  • La liberté d’association pleine et entière ;
  • La suppression du budget des cultes et la séparation de l’Eglise et de l’Etat ;
  • L’instruction primaire laïque, gratuite et obligatoire avec concours entre les intelligences d’élite, pour l’admission aux cours supérieurs, également gratuits ;
  • La suppression des octrois, la suppression des gros traitements et des cumuls et la modification de notre système d’impôts ;
  • La nomination de tous les fonctionnaires publics par l’élection ;
  • La suppression des armées permanentes cause de ruine pour les finances et les affaires de la nation, source de haine entre les peuples et de défiance à l’intérieur ;
  • L’abolition des privilèges et monopoles, que nous définissons par ces mots : primes à l’oisiveté ;
  • Les réformes économiques, qui touchent au problème social dont la solution, quoique subordonnée à la transformation politique, doit être constamment étudiée et recherchée au nom du principe de justice et d’égalité sociale. Ce principe généralisé et appliqué peut seul, en effet, faire disparaître l’antagonisme social et réaliser complètement notre formule : LIBERTE, EGALITE, FRATERNITE

Les radicaux, défenseurs et fondateurs de la IIIe République


Sous l’IIIème République, les radicaux sont unis sous la direction de Gambetta contre l’ordre moral et le régime autoritaire de Mac-Mahon.
Les républicains remportent les premières élections de 1876 avec 295 sièges dont 80 pour les radicaux. L'attitude modérée de Gambetta suscite des critiques dans son propre groupe et certains cherchent à s'en démarquer. Deux tendances se font jour : les "radicaux", intransigeants, avec Louis Blanc et Clemenceau et les "opportunistes" avec Gambetta, prêts à accepter des responsabilités gouvernementales et qui, peu après, forment l'Union républicaine.
L'opposition entre opportunistes et radicaux resurgit et s'accentue : Clemenceau exige des réformes immédiates et accuse les opportunistes d'immobilisme. Le 21 octobre 1880, reprenant le "Programme de Belleville", il prononce un discours important à Marseille : il réclame la séparation de l'Eglise et de l'Etat, la confiscation des biens des congrégations, la suppression du Sénat, l'élection des magistrats, l'autonomie municipale, l'impôt sur le revenu, la limitation de la durée légale de la journée de travail, la retraite des vieux travailleurs, la responsabilité des patrons en cas d'accident, le rétablissement du divorce et la reconnaissance du droit syndical.
Aux élections de 1881, l'Union républicaine de Gambetta triomphe, tandis que les députés radicaux se scindent en deux groupes : "l'Extrême gauche radicale socialiste" avec Louis Blanc, Barodet, Tony Révillon et Clemenceau et la "Gauche radicale" rassemblant ceux qui n'admettent pas la rupture et qui adhèrent également à l'Union républicaine de Gambetta, avec Charles Floquet, Allain-Targé, Henri Brisson.
Durant cette période, les radicaux votent avec la majorité républicaine les lois scolaires, la loi municipale, la loi sur le divorce et la loi reconnaissant l'existence des syndicats. En revanche, ils s'opposent violemment à la politique coloniale de Jules Ferry et contribuent à sa chute le 30 mars 1885. Ce dernier est remplacé par Brisson : c'est le premier gouvernement dirigé par un radical. Sa modération exaspère les intransigeants. "Du jour au lendemain, le radicalisme de Brisson fondit comme du beurre dans la poêle" (Rochefort).

En 1895, le Président de la République appelle au pouvoir le radical Léon Bourgeois qui forme, le 1er novembre, un gouvernement à prédominance radicale. Son programme, limité en ce qui concerne les réformes sociales, ne suscite pas de réelle opposition ; il n'en est pas de même pour l'impôt sur le revenu et le cabinet Bourgeois tombe le 29 avril 1896.
Aux élections de 1898, les radicaux ont accru leur audience. Clemenceau qui fait sa rentrée politique est parmi les premiers à soutenir le capitaine Dreyfus. Devant les menaces nationalistes et l'antidreyfusisme violent de la presse catholique, les différentes tendances radicales s'unissent pour défendre la république et s'opposer au cléricalisme.
Un gouvernement de "défense et d'action républicaines" est formé en 1899 par Waldeck Rousseau ; il comprend parmi ses membres deux radicaux (les ministres des travaux publics et de la marine). Les réformes sociales de ce nouveau gouvernement s'inscrivent dans le droit fil du programme radical.

Jusqu’en 1902, les radicaux, qui n’hésitent jamais à s’associer aux gouvernements de “défense républicaine “ contre le boulangisme et la montée du nationalisme, après le scandale de Panama, et plus tard contre l’agitation d’extrême droite provoquée par l’affaire Dreyfus, sont bien plus souvent dans l’opposition qu’au pouvoir. Pourtant, c’est l’esprit du radicalisme qui inspire les grandes lois de cette période où la démocratie politique s’organise et se structure : loi de 1881 sur la liberté d’expression, loi de 1884 sur les conseils municipaux et sur les syndicats, loi sur le divorce de 1884, lois sur l’enseignement primaire gratuit, laïque et obligatoire, révision de la Constitution de 1875 en 1879 et 1884, loi sur les associations de 1901, etc.

 

Création du Parti républicain radical et radical-socialiste


La perspective des élections législatives de 1902 conduisent les radicaux, sous l’impulsion de Léon Bourgeois, à essayer de renforcer leur union. Le "Comité d'action pour les réformes républicaines" créé en 1895 et qui avait lors des élections de 1898 soutenu et organisé la campagne des radicaux, fusionne avec la "Ligue d'action républicaine" créée en 1900 pour réagir contre le succès électoraux des nationalistes à Paris. Les animateurs du nouveau comité décident d'envoyer une circulaire à toutes les organisations proches du radicalisme, comités et loges maçonniques et aux journaux républicains. Pour combattre "le cléricalisme et défendre la république", ils proposent la réunion d'un congrès à Paris et précisent que "les délibérations ne porteront pas sur l'établissement d'un programme nouveau. Notre programme est connu. Il a été fixé par nos pères". Les réponses sont si nombreuses que le congrès fixé primitivement au mois de mai, est reporté au 21 juin.

Le Parti “ républicain, radical et radical-socialiste est créé le 21/23 Juin 1901 (Congrès de Paris). Il est le plus ancien Parti politique français. Il tiendra pendant quarante ans le premier rôle dans la vie politique française.

A l'ouverture du Congrès, le 21 juin 1901, dans la grande salle des sociétés savantes, se pressent :
- 78 sénateurs
- 201 députés
- 476 comités
- 155 loges maçonniques
- 849 délégués des conseils généraux, municipaux et d'associations diverses
- 215 journalistes
Un grand absent : Clemenceau qui refuse d'y participer.

Trois présidents désignés par acclamation se succèdent pendant les trois jours de ce congrès : Goblet préconise l'alliance avec "toute la gauche" ; Brisson insiste sur la lutte contre les congrégations ; Bourgeois se prononce en faveur de l'impôt sur le revenu et exprime son attachement à la propriété individuelle.
Gustave Mesureur, député de Paris et auteur de la circulaire, propose la nomination d'une grande commission, chargée des questions relatives au programme et à la constitution du nouveau parti.
Parmi les membres de cette commission figurent quatre sénateurs : Delpech (Ariège), Rousse (Charente inférieure), Pédebidou (Hautes Pyrénées) et le docteur Béraud (Vaucluse).
Un bureau permanent est également nommé, comprenant Brisson, président, Bourgeois et Pelletan, vice-présidents, Renou et Maurice Sarraut, secrétaires.

Plusieurs sous-commissions sont constituées : l'une d'entre elles est chargée de l'organisation du parti ; elle prévoit dans son rapport la tenue d'un autre congrès dès l'année suivante à Lyon afin de poursuivre la rédaction des statuts. Une autre sous-commission, chargée de l'examen des voeux divers, accepte nombre de suggestions mais en refuse une : l'égalité des droits des hommes et des femmes.
La déclaration finale lue par Pelletan reprend les grands thèmes du radicalisme : suppression de l'enseignement congréganiste, séparation de l'église et de l'Etat, réduction du service militaire, abolition des conseils de guerre, impôt progressif sur le revenu et retraites ouvrières. Il insiste sur " un attachement passionné au régime de la propriété individuelle ".

Le Parti Radical s'inspire du modèle anglais. De structure pyramidale, il va des comités communaux au comité exécutif siégeant à Paris. Sa vocation est de rassembler les formations éparses. Il est constitué à la base de petites associations et non pas d'individus adhérant isolément.
Mais est-ce bien le mot parti qui convient ? "La Dépêche de Toulouse" le qualifie de "groupement d'un certain nombre de personnes unies par une libre communauté de vues sur un certain nombre de points" ou "d'ensemble d’électeurs qui se groupent autour d'un programme".
Quelle que soit la dénomination adoptée, les élus radicaux viennent essentiellement de régions qui ont en commun une certaine indifférence religieuse : le Bassin Parisien au sens large du terme, le Bas-Languedoc, la région alpine, le Centre, le Massif Central, le Centre-Est, le Vaucluse et la Drôme, la Charente-Inférieure, le Lot, le Gers, les Hautes-Pyrénées, l'Ariège et la région de Toulouse.
Les critiques sur ce congrès sont nombreuses : "On a bien parlé, on a bien écrit au congrès radical, il ne reste plus qu'a bien faire" écrit Clemenceau et "Le Temps" de renchérir "Des discours ! Ce furent tous les travaux de cette assemblée à grandes prétentions". Mais aux élections législatives de 1902, les radicaux triomphent.
La deuxième grande figure du Parti radical-socialiste durant cette période est le vieux lutteur Georges Clemenceau. Après le succès des radicaux aux élections de 1906, il devient Président du Conseil. Il gouverne avec fermeté, à la fois contre la droite et contre les socialistes, dans les remous d’une agitation sociale grandissante. Mais le parti radical, une fois acquise la victoire de la laïcité, se divise. Clemenceau en démissionne en 1909. Aux élections de 1910, les radicaux perdent des voix et des sièges malgré un nouveau programme politique issu du Congrès de Nancy en 1907 où le parti entend poursuivre avec énergie la réalisation des réformes politiques, économiques et sociales contenues en principe dans le programme républicain depuis 1869, programme dont s’est inspiré le Parlement pour élaborer les nombreuses lois déjà votées et appliquées. S’il combat tous les abus et veut supprimer tous les privilèges, il se refuse à établir, même théoriquement, entre les citoyens, des classes en lutte les unes contre les autres. Parti d’action sociale parlementaire, il réprouve toute manifestation violente que ne justifierait pas une atteinte grave à la Constitution républicaine et aux volontés de la nation. Il souhaite :

 

Dans l’ordre politique :

1. Prévoit la révision de la Constitution dans le sens le plus démocratique, la République mise hors de discussion.
2. Il affirme la souveraineté du suffrage universel, souveraineté dont le principe exige que la Chambre des députés ait le dernier mot, notamment en matière budgétaire.
3. Il demande que le système électoral d’où sort le Sénat soit élargi dans un sens démocratique, de façon à y assurer une proportionnalité plus exacte et une action plus directe du suffrage universel.
4. La réforme électorale, intimement liée à la refonte de notre système administratif, doit assurer la consultation du peuple dans des conditions telles que les électeurs se déterminent sur des programmes bien plus que sur des personnalités. Une nouvelle et équitable répartition des sièges législatifs assurera à chaque région une représentativité numérique en rapport avec l’importance de sa population. La législation qui règle le mode de votation garantira le secret et la sincérité du vote : toutes les pressions patronales, surtout celles du grand industriel ou du grand propriétaire sur les citoyens qu’il emploie, seront prévenues ou sévèrement réprimées ; les procédés de corruption seront recherchés et punis ; des mesures législatives seront édictées pour restreindre les dépenses électorales et égaliser la lutte entre le riche et le pauvre.

 

Dans l’ordre administratif et judiciaire :

5. Le Parti radical et radical-socialiste est partisan d’une réforme profonde et étendue qui, sans entamer l’unité nationale achevée par la Révolution, accroisse les libertés communales et départementales, simplifie les rouages administratifs, réduise les dépenses et le nombre de fonctionnaires, tout en rétribuant mieux les petits emplois, et mette l’organisation du pays mieux en rapport avec les moyens rapides de communication et les transformations qui se sont opérées depuis un siècle.
6. Il veut donner aux fonctionnaires civils de tout ordre un statut garantissant leurs libertés civiques, la justice dans l’avancement, et la plénitude de leurs droits, y compris le droit d’association. Il demande qu’on exige d’eux un dévouement absolu aux intérêts du pays et aux institutions républicaines. Il réclame du gouvernement une action ferme et soutenue pour détruire les services publics et les influences hostiles à la démocratie qui y ont trop longtemps prévalu.
7. Il veut la justice rapide et égale pour tous. Il en réclame la gratuité, et si cette gratuité ne peut être obtenue à bref délai, il considère comme urgente une réduction considérable des frais de justice. Il veut la simplification des codes par l’abrogation des lois surannées et tombées en désuétude. Il reste attaché au principe de l’élection des juges : si cette réforme ne peut être réalisée à bref délai, il réclame sur le recrutement, la nomination et l’avancement des magistrats, une législation nouvelle assurant, avec leur indépendance, leur loyalisme et leur sincérité dans l’application des lois républicaines. La réforme judiciaire doit comprendre l’extension de la juridiction prud’homale, la suppression du privilège des avocats et la transformation des offices ministériels en fonctions publiques.
8. Le Parti radical et radical-socialiste réclame l’abolition de la peine de mort.

 

En matière de religion et d’enseignement :

9. Avec le maintien intégral des lois de laïcité, le Parti radical et radical-socialiste demande la suppression effective des congrégations encore existantes. Sa formule : “ Les Eglises libres dans l’Etat souverain “, assure avec la liberté de conscience, l’exercice de tous les cultes et la suprématie du pouvoir civil.
10. Il considère que l’enseignement est une des plus nobles prérogatives de l’Etat qui doit le dispenser lui-même par des maîtres laïques ou le contrôler étroitement au cas où il laisse à des particuliers le soin de le dispenser. Tous les enfants du peuple ont droit à l’éducation intégrale suivant leurs aptitudes. Le système d’éducation nationale doit donc garantir ce droit. Il doit aussi permettre le développement de l’éducation professionnelle et le perfectionnement de l’adulte.
11. Pour établir la véritable proportionnalité des charges suivant les facultés contributives de chacun, le Parti radical et radical-socialiste veut l’établissement d’un impôt global et progressif sur le revenu, la suppression des quatre contributions directes, la diminution des impôts de consommation, des droits de timbre et d’enregistrement qui pèsent sur les droits de la justice, sur les mutations à titre onéreux, et des taxes qui pèsent sur l’agriculture, le commerce et la petite industrie. Il demandera de nouvelles ressources pour les réformes sociales à une réforme des droits de succession ou de donation entre vifs, reposant sur le principe de la progression, soit d’après le degré de parenté, soit d’après le chiffre des fortunes, et rapprochant le degré où s’arrête l’héritage en ligne collatérale.
12. La réforme financière comporte un contrôle sévère de toutes les dépenses tant militaires que civiles et l’amortissement graduel de la dette publique.

 

Dans l’ordre économique et social :

13. Par toutes les réformes morales, intellectuelles, économiques, le Parti radical et radical-socialiste s’efforce de donner au prolétariat la pleine conscience de ses droits et de ses devoirs, et, avec la responsabilité de son action, l’autorité nécessaire pour établir une constitution sociale plus rationnelle et plus équitable.
14. Le Parti radical et radical-socialiste est résolument attaché au principe de la propriété individuelle dont il ne veut ni commencer ni même préparer la suppression. Mais cet attachement n’est pas irréfléchi ; il ne s’étend point aux abus qui détruiraient la légitimité et la raison d’être de la propriété individuelle. Il est prêt à proposer toutes les mesures légales propres à garantir à chacun le produit de son travail et à prévenir les dangers que présente la constitution d’une féodalité capitaliste rançonnant travailleurs et consommateurs.
15. Il propose la formation de syndicats et d’associations coopératives, il encourage toutes les institutions par lesquelles le prolétariat peut faire valoir ses droits, défendre ses intérêts, améliorer sa situation morale et matérielle, obtenir la propriété de son outil et la légitime rémunération de son labeur, arriver à la disparition du salariat et accéder à la propriété individuelle, condition même de sa liberté et de sa dignité.
16. Résolument hostile aux conceptions égoïstes de l’école du laisser-faire, notre parti garde sa personnalité en affirmant le droit pour l’Etat d’intervenir dans les rapports du capital et du travail pour établir les conditions nécessaires de la justice.
17. L’Etat doit acquitter la dette de la société envers les enfants, les malades, les infirmes et les vieillards, et tous ceux qui ont besoin de la solidarité sociale. Il doit assurer aux travailleurs des villes, des usines et des campagnes, quand l’âge ou la maladie a brisé leurs forces, les retraites solennellement promises à la démocratie. Il faut aussi poursuivre l’œuvre législative d’assistance sociale de la troisième République, améliorer encore le service des enfants assistés, celui de l’assistance médicale et de l’assistance aux vieillards et infirmes, créer des hospices cantonaux, aider les œuvres antituberculeuses, lutter contre l’alcoolisme, etc.
18. Le Parti radical et radical-socialiste est partisan de l’extension graduelle des droits de la femme, qui doit être protégée par la loi dans toutes les circonstances de sa vie. Des secours communaux, départementaux ou nationaux doivent être accordés aux femmes enceintes pauvres ; le repos légal de six semaines avant et après l’accouchement s’impose pour les femmes employées à l’atelier, au magasin ou dans une administration.
19. Sous les auspices du ministère du Travail, le Code du travail et de la prévoyance sociale doit être rédigé et comprendre l’ensemble des lois ouvrières :
  • Sur l’emploi des femmes et des enfants dans l’industrie ;
  • Sur le contrat de travail et le contrat d’apprentissage ;
  • Sur la réglementation des différends et conflits graves entre employés et employeurs par l’arbitrage amiable et obligatoire ;
  • Sur les accidents du travail, les risques et les maladies professionnels et les responsabilités des employeurs ;
  • Sur la limitation des heures de travail et le repos hebdomadaire ;
  • Sur l’organisation de l’assurance par la nation de tous les travailleurs de l’industrie, du commerce, de l’agriculture contre les risques des accidents, de la maladie et du chômage ;
  • Sur les institutions de mutualité et d’épargne qui peuvent améliorer le sort du travailleur déjà garanti de la misère ;
  • Sur les conditions d’hygiène et de salubrité des établissements industriels et commerciaux comme tous les locaux où séjournent les employés et travailleurs.
20. Le Parti radical et radical-socialiste réclame la reprise par l’Etat des monopoles de fait, là où un grand intérêt l’exige, notamment :
  • Pour rentrer en possession de grands services nationaux qui exercent une influence décisive sur la production, sur la richesse du pays et sur sa défense en cas de guerre ;
  • Pour empêcher certains accaparements industriels de taxer à leur bon plaisir les travailleurs et les consommateurs ;
  • Pour trouver, dans les bénéfices que ces monopoles peuvent fournir, des ressources, soit pour le soulagement des contribuables, soit pour la réalisation des réformes sociales. Il réclame particulièrement le rachat des chemins de fer et le monopole des assurances. De toute façon, il entend protéger l’épargne publique contre les manœuvres de l’agiotage et de la spéculation.
21. Avec les réformes fiscales déjà désignées à propos de l’impôt, l’impôt foncier sur la propriété non bâtie et les droits de mutation, y compris la réforme hypothécaire, le Parti radical et radical-socialiste propose et soutient toutes les réformes dont la réalisation est déjà commencée pour la défense de l’agriculture ; le développement de l’enseignement technique agricole ; des œuvres coopératives ; du crédit agricole ; des assurances contre l’incendie, la grêle, la gelée, la mortalité du bétail ; des mesures prophylactiques contre les épizooties ; création du bien de famille incessible et insaisissable ; répression des fraudes ; représentation de la petite et de la moyenne culture comme la grande dans les chambres d’agriculture, etc.
22. Pour activer l’accroissement de la richesse nationale, il se préoccupe de l’outillage de nos ports, de la navigation intérieure, de notre système de canaux qu’il est urgent de compléter et de perfectionner, du développement des voies ferrées, du recrutement rationnel de nos agents à l’extérieur, de l’extension continue de notre champ d’action commerciale.

 

Politique extérieure et défense nationale :

23. Le Parti radical et radical-socialiste est ardemment patriote et résolument attaché à la paix. Son amour de la patrie est exempt de tout sentiment de haine contre les autres peuples ; il estime que c’est dégrader le patriotisme que d’en faire une arme pour nos querelles intérieures et il combat les partis qui prétendent en faire une exploitation intéressée.
24. Sa politique extérieure se résume en ces mots : entente cordiale entre peuples ; extension de la pratique de l’arbitrage international en cas de différends graves ; maintien de la paix dans la dignité.
25. Adversaire de toute politique d’aventures, il est opposé aux expéditions militaires dont le but avoué ou déguisé serait la conquête de nouvelles colonies. Il demande la mise en valeur du vaste domaine colonial actuel de la France, avec l’instauration d’un régime vraiment civilisateur conforme à notre esprit national, en dehors de toute domination militaire et de toute propagande confessionnelle. Il exige le respect de tous les droits de l’humanité dans les relations avec les populations des régions que la France a conquises.
26. Il honore le devoir militaire, mais il condamne les abus et les préjugés de l’esprit militaire. De plus en plus, l’armée doit se confondre avec la nation. Pour permettre la réduction du temps de présence effective sous les drapeaux sans compromettre la sécurité nationale, il faut organiser des œuvres préparant les jeunes Français au service militaire ou prolongeant l’action de régiment.
27. Parmi les réformes militaires les plus urgentes, il réclame :
  • Celles qui assureront les conditions d’un recrutement démocratique d’un corps d’officiers dévoués à la République ;
  • La loi des cadres garantissant l’avancement des officiers ;
  • La loi permettant de réaliser de grandes économies par la réduction du nombre des officiers du service actif et une meilleure utilisation des officiers de la réserve et de la territoriale ;
  • La suppression des conseils de guerre en temps de paix et celle des compagnies de discipline ;
  • La réduction des périodes d’instruction pour les réservistes et les territoriaux ;
  • La compression des budgets de la Guerre et de la Marine et la répression du gaspillage par un contrôle vigilant.

Alors apparaît Joseph Caillaux, grand bourgeois, fils d’un ministre de Mac-Mahon, mais esprit généreux et passionné de paix. Président du Conseil en 1911, il concentre ses efforts sur l’impôt sur le revenu qui sera voté quelques années plus tard, sur une politique de détente et de négociation, avec l’Allemagne et sur le refus de prolongation à trois ans de la durée du service militaire. Inspecteur des finances nourri de chiffres, il donne au parti, lorsqu’il en a été élu président en 1913, un visage plus moderne et un peu technocratique.
Après la guerre, où il tint efficacement sa place dans “ l’union sacrée “, le vent qui souffle vers la droite et le nationalisme ne favorisent pas d’abord le Parti radical socialiste. Mais, relevé très vite de son échec provisoire aux élections de 1919, il occupera entre les deux guerres le devant de la scène politique de manière presque ininterrompue. Dès 1923, Edouard Herriot sera l’artisan de ce réveil et demeurera la figure dominante du parti jusqu’en 1940 et même bien au-delà. L’autre Edouard - Daladier- jouera à ses cotés et parfois contre lui un rôle moins prestigieux, mais souvent décisif.

 

Les radicaux au pouvoir après la première guerre mondiale :


Durant cette période, le Parti radical-socialiste a été presque toujours associé au pouvoir. S’alliant tantôt à droite, tantôt sur la gauche, il a pu donner l’impression qu’il pratiquait volontairement, pour s’y maintenir, une politique de bascule. C’est que, situé à la charnière de toutes les majorités possibles, comptant plus du quart des députés, dominant beaucoup de grandes villes et de nombreux conseils généraux, son concours était nécessaire pour préserver, au travers de toutes les vicissitudes de la politique, une certaine stabilité politique et pour éviter les affrontements brutaux. “ Si son ambiguïté était un vice, c’était un vice nécessaire pour préserver. C’est peut-être un Parti radical qui a manqué à l’Espagne de 1936 “. C’est la revue “ Esprit “, pourtant bien éloignée du radicalisme, qui a écrit ces lignes. D’ailleurs, malgré l’étendue des responsabilités qu’il a alors assumées, malgré l’inévitable “ pourrissement “ du pouvoir, le personnel radical fut -tous les historiens le reconnaissent- consciencieux et honnête, soucieux des affaires de l’Etat et fidèle à sa philosophie politique.
Le bilan de l’action des radicaux est largement positif. Herriot a été un ministre des Affaires Etrangères lucide et passionné de justice internationale. La reconnaissance de l’U.R.S.S., la liquidation du contentieux avec l’Allemagne, le renouveau de l’alliance avec la Grande-Bretagne et les Etats-Unis, les efforts poursuivis tenacement pour donner à la société des Nations une efficacité réelle, la résistance à l’impérialisme de l’Italie fasciste et aux entreprises guerrières de l’Allemagne hitlérienne témoignent de sa volonté de paix, de son patriotisme et de sa clairvoyance. Herriot a été aussi un excellent ministre de “ l’instruction publique “. Il a, un des premiers, compris l’importance capitale de l’enseignement technique et son projet de l’Ecole unique constitue l’amorce d’un système cohérent englobant tous les niveaux de l’Education nationale sans barrières, ni cloisons : idée féconde dont on n’a pas fini de tirer toutes les conséquences. Quand à Jean Zay, les initiatives qu’il a prises quand il était ministre du Front populaire permettent de voir en lui le précurseur d’une organisation moderne et démocratique de l’enseignement.

 

Le front populaire de 1936


Même dans le domaine économique et social, malgré l’atmosphère d’une époque où le vent ne soufflait pas dans cette direction, les radicaux peuvent à juste titre inscrire à leur actif quelques réalisations importantes. Fautes de pouvoir atteindre tous les objectifs qu’ils proposaient dans leur programme -ils n’ont jamais disposé, même en 1924, d’une majorité cohérente et résolue sur ces problèmes- ils ont approuvé, voté ou fait voter plusieurs lois qui allaient dans le sens de leurs propositions, notamment les lois sur les assurances sociales et les allocations familiales. Ils furent aussi à l’origine de grandes réalisations, comme la Compagnie Nationale du Rhône, qui vit le jour grâce à Herriot. Enfin ils ont été étroitement associés aux mesures prises en 1936 par le gouvernement du Front populaire de Léon Blum. Ce seul fait suffit pour donner à leur action sa coloration sociale authentique.

 

Déclin et résurrection du radicalisme après la deuxième guerre mondiale


L’après-guerre fut une période difficile pour le Parti radical. Il supportait presque à lui seul -la droite était, en apparence du moins, absente de la carte politique- le discrédit qui pesait alors sur la IIIe République. On oubliait qu’il avait donné, comme tous les partis, de nombreux résistants à la patrie et même quelques héros comme Jean Moulin. Pour beaucoup de Français, il incarnait un passé que l’on voulait oublier.
Patiemment, quelques hommes, groupés autour d’Edouard Herriot, d’Edouard Daladier, d’Henri Queuille, luttèrent contre le “ tripartisme “, ce système qui instituait, autour du Général de Gaulle, puis sans lui et bientôt contre lui, le partage du pouvoir et de l’Etat entre les trois partis qui dominaient alors la scène politique : le M.R.P., la S.F.I.O. et le Parti Communiste. En 1947, les radicaux reprennent audience et influence : Herriot est élu président de l’Assemblée Nationale, et Gaston Monnerville président du Conseil de la République.
La rupture du tripartisme qui rejette les communistes dans l’opposition et la constitution autour du Général de Gaulle d’un rassemblement qui déclare la guerre au pouvoir en place, les rendent de nouveau indispensables à la constitution d’une majorité. Ils retrouvent avec André Marie, Henri Queuille, René Mayer, Edgar Faure, le chemin de la présidence du Conseil.

 

Le gouvernement de Mendès-France


En juin 1954, après une première investiture manquée quelques semaines plus tôt, Pierre Mendès-France constitue un gouvernement. Ses sept mois d’exercice du pouvoir, tant par son style d’action que par les décisions prises, marqueront profondément le pays. Il trancha des problèmes que l’on avait laissé pourrir : la guerre d’Indochine, le réarmement de l’Allemagne, l’indépendance de la Tunisie. “ Gouverner c’est choisir “. Cette leçon qu’il donnait par ses actes rejoignait la tradition des radicaux fondateurs de la République, hommes de gouvernement et hommes d’Etat. En même temps, son refus des idées toutes faites et sa volonté de rechercher, en dehors des sentiers battus, des solutions neuves aux problèmes économiques et financiers, retrouvaient les sources du véritable esprit radical.
Pierre Mendès-France marqua aussi profondément la vie du Parti radical. Il lui donna des structures plus solides et surtout un esprit et un élan nouveaux. Le rayonnement de son action et le prestige de sa personnalité attirèrent de nombreux Français séduits par la clarté de ses conceptions politiques et par la vigueur de ses initiatives. C’est un parti rajeuni et plein d’ardeur qui affronta les élections de 1955 allié au sein du “ Front républicain “ avec la S.F.I.O. et quelques rescapés du naufrage du R.P.F.

 

De Gaulle au pouvoir, les radicaux dans l’opposition


Après l’échec du Front républicain qui, victorieux aux élections, se brisa, malgré les efforts de Mendès-France, sur la guerre d’Algérie, la voie était ouverte au Général de Gaulle. Son arrivée au pouvoir rejeta les radicaux, après quelques mois d’hésitation, dans une opposition de principe à un régime de caractère autocratique, contre lequel Gaston Monnerville dressa, en 1962, au Congrès de Vichy, à propos du referendum sur l’élection du Président de la République au suffrage universel, un réquisitoire d’une éloquence passionnée et d’une argumentation étayée. Contre ce régime qu’il condamnait, le Parti radical mena le combat avec toutes ses forces. Il soutint la candidature de Gaston Defferre à la présidence du la République en 1965 et après le retrait du leader socialiste, celle de François Mitterrand. Membre à part entière de la Fédération de la gauche démocrate et socialiste, aux cotés de la S.F.I.O. et de la Convention des institutions républicaines de François Mitterrand, il profita en 1967, du courant qui portait le pays vers la gauche, mais il subit durement le contrecoup des événements de 1968.

En 1969, la nomination de Jean-Jacques Servan-Schreiber au secrétariat national lui donna un élan nouveau. En 1970, le « Manifeste radical » de Jean-Jacques Servan-Schreiber ambitionne de ‘vaincre la fatalité’ et fixe la nouvelle doctrine radicale. Les réformateurs dénoncent notamment l’archaïsme de l’Etat, l’absence de dialogue social, les handicaps du système éducatif et l’inadaptation de la législation à l’évolution des mœurs. On peut mesurer la contribution essentielle des radicaux aux progrès de notre société à travers des progrès majeurs tels que : la législation de la pilule, la création du planning familial et la reconnaissance des droits de la femme.

En 1971, le Parti socialiste s’ouvre vers sa gauche en entamant des conversations avec les communistes. Les radicaux sont, une fois de plus, à la croisée des chemins. Il leur faut choisir entre l’union de la gauche qui se prépare et l’alliance avec le centre. C’est l’enjeu du Congrès de Suresnes, dont Jean-Jacques Servan-Schreiber sort victorieux. Des députés radicaux mené par Robert Favre accompagnée une parti minoritaire du parti, refusant de se laisser pousser à droite, provoquent une scission du parti en 1972  concluent un pacte avec le Parti socialiste et, quelques mois plus tard, signent le programme commun, après avoir obtenu de leurs partenaires la rédaction d’une annexe reprenant les thèmes majeurs du radicalisme. C’est la naissance du Parti Radical de Gauche.


La branche majoritaire du Parti Radical choisit l’union avec les autres formations centristes en 1973 et soutien dès le 1er tour la candidature de Valéry Giscard D’Estaing lors des présidentielles de 1974 et de 1981. Membre fondateur de l’UDF en 1978, le Parti Radical participe à tous les gouvernements de la droite républicaine (1986, 1993, 1995 et 2002).
Fidèle à l’esprit de réforme qui l’anime depuis l’origine, le Parti Radical continue à jouer un rôle moteur dans l’élaboration des idées de progrès. Entre 1987 et 1997, le Parti Radical se lance dans le chantier de la réflexion prospective pour préparer la société française aux enjeux du 3e millénaire .Deux ouvrages « la France Citoyenne » et « Le Manifeste des radicaux » forment le « projet radical » à la fois humaniste, laïc, social et européen. La primauté de l’individu sur la collectivité, le droit à l’initiative économique et à la libre entreprise, la solidarité sociale fondent les programmes successifs des radicaux à cette époque.
En témoignent les initiatives d’André Rossinot pour ancrer le système de l’apprentissage dans la fonction publique. Dans le même esprit, Didier Bariani s’est attaché au gouvernement à développer le rayonnement de la France dans le monde et à valoriser à cet effet le rôle et la représentation des français à l’étranger

Le Parti Radical a officiellement accordé son soutien à la candidature de Raymond Barre en 1988 et à Jacques Chirac dès le premier tour des élections présidentielles en 2002. Depuis le 17 novembre 2002, il est membre associé de l’UMP et demeure en tant que tel, parti politique de plein exercice avant de reprendre son indépendance le 15 mai 2011 et de fonder l'alliance républicaine écologiste et sociale le 26 juin 2011 à Epinay sur Seine avec d’autres formations centristes (Nouveau Centre, Gauche Moderne et Convention Démocrate).

II - Liste des Congrès et des présidents du Parti Républicain Radical et Radical Socialiste

1er   Congrès du Parti Radical. Paris – 21-23 juin 1901 – Président : Gustave Mesureur
2ème  Congrès du Parti Radical. Lyon – octobre 1902 – Président : Fernand Dubief
3ème  Congrès du Parti Radical. Marseille – octobre 1903 – Président : Maurice Faure
4ème  Congrès du Parti Radical. Toulouse – octobre 1904 – Président : Maurice Berteaux
5ème  Congrès du Parti Radical. Paris – juillet 1905 – Président : Émile Combes
6ème  Congrès du Parti Radical. Lille – octobre 1906 – Président  : Camille Pelletan
7ème  Congrès du Parti Radical. Nancy – 10-13 octobre 1907 – Président  : Auguste Delpech
8ème  Congrès du Parti Radical. Dijon – 8-11 octobre 1908 – Président  : Louis Lafferre
9ème  Congrès du Parti Radical. Nantes – 7-10 octobre 1909 – Président  : Ernest Vallé
10ème Congrès du Parti Radical. Rouen – 6-9 octobre 1910 – Président : Émile Combes
11ème Congrès du Parti Radical. Nîmes – 5-8 octobre 1911 – Président : Émile Combes
12ème Congrès du Parti Radical. Tours – 10-13 octobre 1912 – Président : Émile Combes
13ème Congrès du Parti Radical. Pau – 16-19 octobre 1913 – Président : Joseph Caillaux

14ème Congrès du Parti Radical. Paris – 24 octobre 1917 – Président : Charles Debierre

15ème Congrès du Parti Radical. Paris –  octobre 1918 – Président : André Renard

16ème Congrès du Parti Radical. Strasbourg – 15 octobre 1919 – Président : Edouard Herriot

17ème Congrès du Parti Radical – XXXXX - octobre 1920 - Président : Edouard Herriot

18ème Congrès du Parti Radical – Lyon – 27-29 octobre 1921 - Président : Edouard Herriot

19ème Congrès du Parti Radical. Marseille – 16-18 novembre 1922 - Président : Edouard Herriot

20ème Congrès du Parti Radical. Paris – 18-20 octobre 1923 - Président : Edouard Herriot

21ème Congrès du Parti Radical – Nice - octobre 1924 - Président : Edouard Herriot

22ème Congrès du Parti Radical – XXXXX - octobre 1925 - Président : Edouard Herriot

23ème Congrès du Parti Radical - XXXXX - octobre 1926 – Président : Maurice Sarraut

24ème Congrès du Parti Radical – XXXXX - octobre 1927 – Président : Édouard Daladier

25ème Congrès du Parti Radical – Angers – 3-5 novembre 1928 – Président : Édouard Daladier

26ème Congrès du Parti Radical – XXXXX - octobre 1929 – Président : Édouard Daladier

27ème Congrès du Parti Radical - Grenoble – 9-12 octobre 1930 – Président : Édouard Daladier

28ème Congrès du Parti Radical – Paris – 5-8 novembre 1931 – Président : Édouard Herriot

29ème Congrès du Parti Radical. Toulouse – 3-6 novembre 1932 – Président : Édouard Herriot

30ème Congrès du Parti Radical. Vichy – 5-8 octobre 1933 – Président : Édouard Herriot

Congrès extraordinaire du Parti Radical – Clermont-Ferrand -11-13 mai 1934

31ème Congrès du Parti Radical. Nantes – 25-28 octobre 1934 – Président : Édouard Herriot


Comité exécutif du 3 juillet 1935 : Participation à la coalition de Front Populaire


32ème Congrès du Parti Radical. Paris – 24-27 octobre 1935 – Président : Édouard Herriot


Comité exécutif du 16 janvier 1936 : Adoption du Programme de Front Populaire


33ème Congrès du Parti Radical. Biarritz – 22-25 octobre 1936 – Président: Édouard Daladier

34ème Congrès du Parti Radical. Lille – octobre 1937 – Président : Édouard Daladier

35ème Congrès du Parti Radical. Marseille – 25 octobre 1938 – Président : Édouard Daladier

36ème Congrès du Parti Radical. Paris – 20 décembre 1944 – Président : Théodore Steeg
  • Président du Parti Radical : 1945-1954 : Édouard Herriot
49ème Congrès du Parti Radical -Marseille- 14-17 octobre 1954. Président: Édouard Herriot
50ème Congrès du Parti Radical – Paris - 4 mai 1955 Président : Édouard Herriot
51ème Congrès du Parti Radical – Paris – 3-6 novembre 1955 Président : Édouard Herriot
52ème Congrès du Parti Radical - Lyon -11-14 octobre 1956. – Président : Édouard Herriot
 

Conclave du Parti Radical - Chartres -11-12 Mars 1957 – Président : Pierre Mandes-France

53ème Congrès du Parti Radical – Paris – 3-4 mai 1957 – Président : Pierre Mandes-France

54ème Congrès du Parti Radical-Strasbourg -novembre 1957– Président : Édouard Daladier

55ème Congrès du Parti Radical – Lyon - septembre 1958 – Président : Félix Gaillard

56ème Congrès du Parti Radical – Pau - juin 1959 – Président : Félix Gaillard

57ème Congrès du Parti Radical - XXXXX - octobre 1960 – Président : Félix Gaillard

58ème Congrès du Parti Radical – Royan - octobre 1961 – Président : Maurice Faure
59ème Congrès du Parti Radical. Vichy – 27-30 septembre 1962 – Président : Maurice Faure
Opposition du parti radical au référendum du 28 octobre 1962 sur l’élection du président de la République au suffrage universel direct
Censure du Gouvernement de Georges Pompidou I (4 octobre 1962) :

Président du Parti Radical : 1965-1969 : René Billères
Comité directeur du Parti Radical. Paris – 7 mai 1969
Investiture pour l'élection présidentielle de 1969 : Alain Poher
Congrès du Parti Radical. Nantes - octobre 1969 – Président : Maurice Faure
Election de Jean-Jacques Servan-Schreiber comme secrétaire général du Parti Radical
Congrès du Parti Radical. Paris Wagram – 14 février 1970 – Président : Maurice Faure
Adoption du Manifeste Radical « Ciel et Terre »
Congrès du Parti Radical. Paris – 4 décembre 1970 – Président  : Maurice Faure
Congrès du Parti Radical. Suresnes – 15-17 octobre 1971
Election à la présidence du Parti Radical :
  • 431 voix Jean-Jacques Servan Schreiber, partisan d'une stratégie centriste
  • 237 voix Maurice Faure, partisan d'une stratégie d'union de la gauche
Comité directeur du Parti Radical. Paris – 24 novembre 1971
  • 48 voix pour la stratégie centriste du Mouvement Réformateur
  • 41 voix pour la stratégie d’union de la Gauche
Congrès du Parti Radical. Lille – 24-25 juin 1972 – Président  : Jean-Jacques Servan Schreiber
Scission de l’aile gauche du Parti Radical
Congrès du Parti Radical. Paris – 23-25 novembre 1973 – Président  : Jean-Jacques Servan Schreiber
Comité directeur du Parti Radical. Paris – 14 mai 1974
Investiture pour le second tour de l'élection présidentielle de 1974 :
  • 70 voix pour soutenir Valéry Giscard d'Estaing (Jean-Jacques Servan-Schreiber)
  • 18 voix pour soutenir François Mitterrand (Françoise Giroud)
  • 5 abstentions
 


74ème Congrès du Parti Radical. Lyon – 28-30 novembre 1975

  • Président du Parti Radical : 1975-1977 : Gabriel Péronnet
  • Président du Parti Radical : 1977-1979 : Jean-Jacques Servan Schreiber
1er février 1978 : Création de l’UDF
Congrès du Parti Radical. Paris – 13 octobre 1979 – Président  : Didier Bariani
  • Président du Parti Radical : 1983-1988 : André Rossinot
Congrès du Parti Radical. Paris- 17 janvier 1988 – Président  : Yves Galland
Investiture pour l'élection présidentielle de 1988 :
  • 66,54% Raymond Barre (507 mandats)
  • 30,97% Jacques Chirac (236 mandats)
  • 02,49% ne se prononcent pas (19 mandats)
92ème Congrès du Parti Radical. Nancy – 16-17 novembre 1991 – Président  : Yves Galland
93ème Congrès du Parti Radical. XXXXX- novembre 1992 – Président : Yves Galland
94ème Congrès du Parti Radical. XXXXX- novembre 1993 – Président  : André Rossinot
95ème Congrès du Parti Radical. XXXXX- novembre 1994 – Président  : André Rossinot
96ème Congrès du Parti Radical. XXXXX- novembre 1995 – Président  : André Rossinot
97ème Congrès du Parti Radical. XXXXX- novembre 1996 – Président  : André Rossinot
98ème Congrès du Parti Radical. XXXXX- novembre 1997 – Président  : Thierry Cornillet
99ème Congrès du Parti Radical. XXXXX- novembre 1998 – Président  : Thierry Cornillet
100ème Congrès du Parti Radical. Paris- 21-22 novembre 1999
Election à la présidence du Parti Radical : Mandat de 2 ans
  • 312 voix François Loos
  • 161 Stéphane Baumont
  • 013 Émile Vasquez
101ème Congrès du Parti Radical. Paris- 30 novembre 2000
102ème Congrès du Parti Radical. Paris- 10-12 novembre 2001
Election à la présidence du Parti Radical: Mandat de 2 ans
  • 429 voix François Loos
  • 071 voix Stéphane Beaumont
Congrès extraordinaire du Parti Radical. Paris- 2 mars 2002
Investiture pour la présidentielle de 2002 :
  • 72% pour Jacques Chirac (position défendue par François Loos et André Rossinot)
  • 28% pour François Bayrou (position défendue par Didier Bariani, Thierry Cornillet et Yves Galland)
25 avril 2002 : Création de l’UMP
103ème Congrès du Parti Radical. Paris- 26-27 octobre 2002
L'association à l'UMP est approuvée à la quasi-unanimité, malgré l'opposition de trois anciens présidents du parti : Didier Bariani, Thierry Cornillet et Yves Galland.
104ème Congrès du Parti Radical. Paris- 25-26 octobre 2003
Election à la présidence du Parti Radical : Mandat de 2 ans
  • 72,05% (384 voix) André Rossinot (UMP)
  • 21,39% (114 voix) Jean-Thomas Nordmann (UDF)
  • 03,94% (021 voix) Stéphane Baumont 
  • 02,63% (014 voix) Jean-Philippe Karouby
105ème Congrès du Parti Radical. Saint-Etienne - 12-14 novembre 2004
106ème Congrès du Parti Radical. Paris- 10-11 décembre 2005
  • co-présidents, porte-parole : André Rossinot, Jean-Louis Borloo (mandat de 2 ans)
  • secrétaire général : Renaud Dutreil
  • premier vice-président : Aymeric de Montesquiou
107ème Congrès du Parti Radical. Paris- 16 décembre 2006
108ème Congrès du Parti Radical. Paris- 16-17 novembre 2007
  • président : Jean-Louis Borloo (mandat de 2 ans)
  • secrétaire général : Laurent Hénart
  • premier vice-président délégué et porte-parole : Serge Lepeltier
  • secrétaires généraux adjoints : Arlette Fructus, Michel Thiollière
109ème Congrès du Parti Radical. Massy- 14 décembre 2008
110ème Congrès du Parti Radical. Paris- 28-29 novembre 2009
Jean-Louis Borloo réélu président du Parti Radical pour un mandat de 3 ans.
111ème Congrès du Parti Radical. Paris- 14-15 mai 2011
Motion d'orientation générale:
  • vote d'adhésion à une future confédération de centre-droit
  • indépendance du Parti radical à l'égard de l'UMP
  • demande à Jean-Louis Borloo de se porter candidat à l'élection présidentielle de 2012
Pour: 93% - Contre: 4% - Abstention: 3%
 
112eme Congrès du Parti Radical. Paris - 10 mars 2012

Orientation pour les élections présidentielles et législatives de l'année 2012.
Pour un soutien vigilant à Nicolas SARKOZY : 76% POUR 24% CONTRE
113ème Congrès du Parti Radical. Paris- 8 décembre 2012

Jean-Louis Borloo réélu président du Parti Radical pour un mandat de 3 ans par 95,84% des votants.
Adhésion du Parti Radical à l'UDI et intergration de La Gauche Moderne dans le Parti Radical.

114ème Congrès du Parti Radical. Paris- 5 juillet 2014
Laurent Hénart est élu président du Parti Radical par 61% des voix contre 39% des voix pour Rama Yade.


115ème Congrès du Parti Radical. Aix-en-Provence - 5 et 6 septembre 2015
    III - Listes des Présidents de la République et des Présidents du Conseil issus du Parti Républicain Radical et Radical Socialiste :

    Le Parti Radical a donné 2 Présidents de la République (Gaston Doumergue et Paul Doumer entre 1924 et 1932) et 21 Présidents du Conseil (34 gouvernements radicaux entre 1885 et 1958).


    Présidents de la République :
      1. Gaston Doumergue du 13 juin 1924 au 13 juin 1931
      2. Paul Doumer du 13 juin 1924 au 7 mai 1932 (assassiné)

    Présidents du Conseil :
    1. Henri Brisson I
    2. Charles Floquet
    3. Léon Bourgeois
    4. Henri Brisson II
    5. Emiles Combes
    6. Ferdinand Sarien
    7. Georges ClemenceauI
    8. Ernest Monis
    9. Joseph Caillaux
    10. Gaston Doumergue I
    11. Georges ClémenceauII
    12. Edouard Herriot I
    13. Edouard Herriot II
    14. Camille Chautemps I
    15. Théodore Steeg
    16. Edouard Herriot III
    17. Edouard Daladier
    18. Albert Sarraut I
    19. Camille Chautemps II
    20. Edouard Daladier I
    21. Gaston Doumergue II
    22. Albert Sarraut II
    23. Camille Chautemps III
    24. Edouard Daladier II
    25. André Marie
    26. Henri Queuille I
    27. Henri Queuille II
    28. Henri Queuille III
    29. Edgar Faure I
    30. René Mayer
    31. Pierre Mendès-France
    32. Edgar Faure II
    33. M. Bourgès-Maunoury
    34. Félix Gaillard
    Du 06/04/1885 au 07/01/1886
    Du 03/04/1888 au 22/02/1889
    Du 01/11/1895 au 29/04/1896
    Du 28/06/1898 au 30/10/1898
    Du 07/06/1902 au 24/01/1905
    Du 14/03/1906 au 25/10/1906
    Du 25/10/1906 au 24/07/1909
    Du 02/03/1911 au 27/06/1911
    Du 27/06/1911 au 14/01/1912
    Du 09/12/1913 au 03/06/1914
    Du 16/11/1917 au 18/01/1920
    Du 14/06/1924 au 17/04/1925
    Du 19/07/1926 au 23/07/1926
    Du 21/02/1930 au 25/02/1930
    Du 13/12/1930 au 30/01/1931
    Du 03/06/1932 au 14/12/1932
    Du 29/01/1933 au 26/10/1933
    Du 26/10/1933 au 23/11/1933
    Du 26/11/1933 au 27/01/1934
    Du 30/01/1934 au 09/02/1934
    Du 09/02/1934 au 08/11/1934
    Du 24/01/1936 au 04/06/1936
    Du 22/06/1937 au 10/03/1938
    Du 10/04/1938 au 20/03/1940
    Du 26/07/1948 au 05/09/1948
    Du 11/09/1948 au 28/10/1949
    Du 02/07/1950 au 12/07/1950
    Du 13/03/1951 au 11/08/1951
    Du 20/01/1952 au 08/03/1952
    Du 08/01/1953 au 28/06/1953
    Du 19/06/1954 au 23/02/1955
    Du 23/02/1955 au 01/02/1956
    Du 13/06/1957 au 06/11/1957
    Du 06/11/1957 au 14/05/1958

    Sources : Parti Radical; Parti Radical de Gauche; Sénat et Wikipédia


    IV - HISTOIRE DU PARTI RADICAL EN EURE ET LOIR

    Le département d’Eure et Loir fut entre 1869 et l’organisation du 1er Banquet Marceau (115ème édition en 2010) et 1979 pendant 110 ans un territoire très favorable au Parti Radical.

    Ferdinand Gatineau, né en 1828, est le fondateur du radicalisme beauceron, le premier à adopter l’étiquette de « radical ». Il est aussi le premier à défendre le programme dit « de Belleville », programme des républicains radicaux depuis 1869, qui prévoit le Suffrage Universel à tous les niveaux (avant 1882, les maires et les élus sont nommés par l’Etat), la liberté de la presse, la liberté syndicale, la liberté d’association, la séparation de l’Eglise et de l’Etat, ainsi que la création d’une école laïque, gratuite et obligatoire.
    Son parcours est d’abord celui d’un républicain quarante-huitard passé à l’opposition sous le Second Empire. Secrétaire de l’Etat-major en 1848, il est admis avocat au barreau de Paris en 1851 après ses études de droit. Sous l’Empire, il est de tous les grands procès politiques, combat les plébiscites de Napoléon III, est candidat « républicain radical » à Chartres en 1863 et organise le premier banquet Marceau en 1869. A une époque où les réunions politiques républicaines sont interdites, célébrer la mémoire du grand général de 1793 est un moyen détourné de faire campagne. En 1871, après la chute de l’Empire, il défend les communards devant les conseils de guerre qui se tiennent à Paris après la répression de la Commune.
    Après une phase d’opposition aux gouvernements monarchistes, il est élu député républicain en 1876 à Dreux, adhère à l’Union Républicaine menée par Gambetta et dépose une proposition d’amnistie des faits insurrectionnels. Lors du « coup du 16 mai » 1877, alors que les royalistes tentent de passer en force contre la majorité républicaine à la Chambre, il est l’un des 363 qui refusent la confiance au duc de Broglie. Partisan de la Séparation de l’Eglise et de l’Etat, il se sépare en 1881 de Gambetta et rejoint l’extrême-gauche des radicaux menée par Clemenceau. En 1882, il attaque la politique coloniale de Gambetta en Egypte, refuse de voter les crédits pour l’expédition du Tonkin-Indochine, et dénonce les guerres d’agression comme une trahison des principes républicains. En 1883, il est président du groupe de la Gauche radicale à la Chambre des députés et plaide pour la rupture entre les républicains de gouvernement emmenés par Jules Ferry et les républicains radicaux emmenés par Clemenceau. « La République et la Chambre ont déjà trop sacrifié aux exigences du compromis et de la stabilité ministérielle », déclare-t-il. Il meurt en 1885.

    Louis Terrier, son successeur, devient contrôleur des contributions indirectes à Dreux jusqu’en 1881. Républicain engagé, il se tourne alors vers le journalisme et est nommé directeur du « Réveil National », le journal de Ferdinand Gatineau, député radical de Dreux. A la mort de Gatineau en 1885, il participe à la fondation du Comité Républicain Démocratique d’Eure-et-Loir, organe des radicaux, devient conseiller municipal de Dreux, conseiller général, et maire en 1888. En 1889, il se fait élire député en pleine agitation boulangiste, ce qui le pousse à faire bloc avec les républicains plus modérés du département pour contrer l’extrême-droite. Il mène ainsi campagne sous la bannière du centre-gauche et reprend progressivement son indépendance par rapport à la majorité modérée.
    Réélu très largement en 1893, il travaille sans relâche à la Chambre des Députés, s’associe à tous les travaux législatifs et entend assumer pleinement la mission de contrôle démocratique que la Constitution donne aux députés. C’est la leçon qu’il tire de la crise boulangiste. En 1893, il est ainsi membre de la commission d’enquête sur le scandale de Panama. Un autre thème de travail est celui du chemin de fer, propriété de grandes compagnies financières aux bénéfices exorbitants, que l’Etat est impuissant à réguler et contrôler. C’est à ce titre qu’au printemps 1893, il entre dans le cabinet Dupuy comme ministre du Commerce et de l’Industrie. Epuisé après la chute du cabinet, il tombe malade, multiplie les congés et meurt député-maire en août 1895.

    En 1895, Gustave L’Hospiteau appartient à la deuxième génération des républicains en Eure-et-Loir et a participé, en 1885 à la fondation du Comité Démocratique Républicain d’Eure-et-Loir, l’ancêtre de la fédération radicale. Elève du lycée de Chartres, il s’inscrit au barreau après des études de droit à Paris et revient exercer à Chartres des fonctions d’avoué en 1885. Conseiller général de Maintenon en 1892, il est élu député de Chartres en 1893 sous l’étiquette de républicain radical. Siégeant au groupe de la Gauche radicale à la Chambre, il sera réélu en 1898, 1902, 1906, 1910, avant d’être élu sénateur en 1912 puis 1921.
    Dès 1895, il devient le leader du parti républicain en Eure-et-Loir. Partisan des gouvernements de défense républicaine lors de l’Affaire Dreyfus, puis soutien du Bloc des Gauches en 1902, il vote la liberté d’association en 1901, la séparation de l’Eglise et de l’Etat, la loi militaire de 1905, les lois scolaires des radicaux, l’impôt progressif sur le revenu proposé par Caillaux, et, plus classiquement, les aides agricoles comme les restrictions au libre-échange.
    Président du Conseil général en 1907, il est confronté à chaque élection aux attaques des candidats de la droite soutenue mais devient plus modéré à partir de 1910 et se rapproche de Paul Deschanel à l’occasion de l’Union Sacrée en 1914. En 1919, il soutient la liste Deschanel-Maunoury qui regroupe les modérés et une partie des radicaux. En 1920, il est alors évincé de la présidence du Conseil général par Maurice Viollette mais il sera nommé Ministre de la Justice, garde des Sceaux dans les cabinets Millerand en 1920, puis Georges Leygues. Il ne se représente pas aux sénatoriales de 1930 et quitte la scène politique après 37 ans de vie parlementaire.

    Maurice Viollette est certainement la principale figure politique du XX° siècle en Eure-et-Loir. Député d’Eure-et-Loir en 1902 sous l’étiquette « radical-socialiste » et « républicain démocratique ». à 32 ans, il est ministre du ravitaillement sous l’Union Sacrée en 1917, gouverneur général de l’Algérie sous le Cartel des Gauches de 1925 à 1927 et ministre d’Etat sous le Front Populaire en 1936. Il quitte le parlement à 86 ans en 1956, reste maire de Dreux de 1908 à 1959, et président du Conseil général d’Eure-et-Loir de 1920 à sa mort en 1960.
    Sans être jamais membre du parti radical, Maurice Viollette fut toujours considéré en Eure-et-Loir comme un radical, parce qu’il avait succédé au radical Louis Terrier, parce qu’il laissa son siège au radical Edmond Desouches, et parce qu’entre ces deux dates, il fut toujours l’allié des radicaux et leur chef, au Conseil général.
    Il est en fait un homme de la gauche républicaine, indépendant, méfiant à l’égard des partis nationaux dans lesquels il voit un mal nécessaire mais aussi une menace contre la liberté d’esprit des représentants de la nation. En Eure-et-Loir, il gomme toute référence au mot « socialiste », se présente comme « républicain » et restera toute sa vie attaché à l’indépendance de ce qu’il appelle « le parti républicain en Eure-et-Loir ».
    Partisan du bloc des Gauches et du gouvernement d’Emile Combes, Maurice Viollette est avant 1914 un des fondateurs du Parti républicain-socialiste, un grand dénonciateur des scandales coloniaux et de l’exploitation de l’Afrique par les grandes compagnies minières et ferroviaires. En Eure-et-Loir, il s’allie avec les radicaux de Chartres (L’Hospiteau) et de Châteaudun (Baudet) et s’enracine à Dreux. Il y est conseiller général en 1904, maire en 1908 ; il y fonde le journal « L’Action Républicaine » et se fait constamment réélire député dans l’arrondissement le plus à gauche du département.
    Capitaine de chasseurs alpins en 1914, décoré à la bataille de Tracy-sur-Somme, il est rappelé à la Chambre et devient en 1917 ministre du ravitaillement. En 1918, il est l’un des seuls députés à soutenir Joseph Caillaux dans le procès pour haute trahison que Clemenceau intente contre lui. Face à Clemenceau qui veut un exemple pour montrer aux soldats du front que les pacifistes ne font pas la loi à Paris, Maurice Viollette défend Caillaux, ancien président du Conseil et ancien président du parti radical, au nom des droits de l’innocence contre la Raison d’Etat. Cette attitude lui vaut une sévère défaite aux législatives de 1919, qui voient le triomphe du Bloc National et de la droite.
    Cependant, en 1920, il prend la tête du parti républicain en Eure-et-Loir et se forge une majorité chez les élus radicaux. Dès lors, il est élu président du Conseil général en 1920 et le restera jusqu’à sa mort. Avec énergie, il consacre tout son temps à parcourir le département, multiplie les réunions publiques et reconstitue un vaste réseau d’élus locaux et de partisans. Il s’impose comme le leader de la gauche, à l’exception de la SFIO qui refuse de soutenir « les candidats dits de gauche de M. Viollette ». A la tête de cette liste de cartel des gauches, il remporte la majorité absolue dans le département et la totalité des sièges (2 républicains-socialistes et 2 radicaux-socialistes).
    Premier vice-président de la Ligue des Droits de l’Homme, rapporteur général du budget en 1924, il est gouverneur général de l’Algérie en 1925 et se distingue comme un libéral, partisan des réformes et de l’association des musulmans aux autorités locales. Hostile à « la propagande anti-française des communistes », il s’impose, en pleine guerre du Rif, comme « le troisième flic de France ». Dans ces années naît entre lui et les gros colons d’Algérie une haine inextinguible.
    Sénateur en 1930, il est déjà depuis longtemps un grand notable. Sa carrière n’en est pourtant qu’à mi-parcours… Dreux se développe. Il y applique une audacieuse politique d’équipement et de création de services publics, inspiré du « socialisme municipal à l’Anglaise ». Dans les années 30, il appuie à fond le tournant républicain de la SFIO et du Parti Communiste et devient l’un des premiers partisans du Front Populaire. En Eure-et-Loir, il réussit à rassembler la gauche, et les élections de 1936 voient la réélection de trois députés de gauche (1 socialiste, 1 républicain-socialiste, 1 radical, les trois sénateurs, dont Viollette, siégeant au groupe radical). Les villes ayant voté à gauche, la victoire est remportée grâce aux campagnes républicaines où le vieux radicalisme rural et laïc a tenu face aux droites dans un réflexe de « défense républicaine ».
    Ministre d’Etat, vice-président du Conseil dans les cabinets Blum et Chautemps, il est chargé des questions algériennes, soutient la création de l’Office du Blé qui met fin à la baisse des prix des céréales et aux spéculations de la grande minoterie. En 1938 est lancé le projet Blum-Viollette qui prévoit d’accorder la citoyenneté française à 20.000 anciens combattants musulmans. Viollette se paie en outre le luxe de refuser les accords de Munich et de prôner  « le Front populaire jusqu’au bout ». Il dénonce l’illusion pacifiste qui croit sauver la paix en multipliant les concessions à Hitler. Selon lui, « le grand rassemblement des républicains, des socialistes et des communistes est le seul capable d’assurer la défense de la République face aux dictatures. » Il n’en faut pas plus pour être qualifié d’« illuminé » et pour être battu nettement aux sénatoriales de 1938.


    En 1940, il assiste consterné à l’effondrement de la France et de la République, saborde ses journaux, est révoqué par Vichy, placé en résidence surveillée. Dans « Premier combat, Jean Moulin, préfet d’Eure-et-Loir, membre du Parti Radical d’Eure et Loir et futur président du Conseil National de la Résistance en 1943, raconte les moments passés avec lui lors de la débâcle.
    A la Libération, à 75 ans, il est bombardé président des Mouvements Unifiés de la Résistance, rétabli dans ses fonctions de maire, président du Conseil général et réélu député. Siégeant à l’Assemblée avec les radicaux, il s’oppose aux institutions de la IV° République et forme, avec Herriot, Daladier, Varenne et Moro-Giafferi, « le banc des octogénaires ». Après une phase de bonne entente avec les communistes, les socialistes et le MRP, Viollette est alors critiqué comme un survivant de la III° République, un « sépulcre blanchi sur le retour ». Il en profite pour reconstituer ses réseaux locaux et rétablit les positions républicaines en Eure-et-Loir. Adversaire du « règne des partis », du « fonctionnarisme », il s’engage à fond dans la défense de l’école laïque.
    Dépassé par les événements, promenant dans un monde en pleine transformation les réflexes et la culture d’un vieux républicain dreyfusard, il cède son siège de député à Edmond Desouches en 1956, mais reste maire de Dreux jusqu’en 1959 et président du Conseil général jusqu’à sa mort. A 86 ans, il se signale encore dans ses discours à l’Assemblée ou au banquet Marceau par sa verve et son énergie. En s’éteignant, à 90 ans, il laisse le souvenir d’un républicain intransigeant, énergique, généreux, indépendant, imprévisible, autoritaire et parfois colérique, d’un orateur de premier ordre à la lucidité décapante. Ayant enthousiasmé des générations de militants de gauche, il a suscité, à gauche comme à droite, des haines durables, qui expliquent peut-être sa faible implication dans les combinaisons ministérielles de l’entre-deux-guerres. C’est ce qui a fait dire à François Mitterrand, qui siégea avec lui sous la IV° République, qu’il fut « un homme plus grand que son destin ». Son empreinte politique, longtemps visible, a fait de l’Eure-et-Loir (avec l’Eure de Pierre Mendès-France), le dernier bastion radical au nord de la Loire.


    Charles Brune, né en 1891, major de l’Ecole vétérinaire de Lyon, ancien combattant de 1914, Charles Brune est d’abord vétérinaire avant d’entrer au ministère de l’Agriculture. Directeur des services vétérinaires d’Eure-et-Loir en 1924 puis inspecteur général de l’Agriculture en 1938, il appartient à cette génération de fonctionnaires de la préfecture qui soutient activement Viollette et la majorité radicale du département de 1924 à 1958. Président de la fédération radicale-socialiste d’Eure-et-Loir en 1935, chef de l’opposition municipale à Chartres dès 1935, il soutient le Front Populaire, Léon Blum et son ministre d’Etat, Maurice Viollette. Lié d’amitié au préfet Jean Moulin, il reste seul avec lui et Viollette lors de la débâcle de 1940, pour organiser la survie d’une ville de Chartres réduite à 800 habitants, invalides et réfugiés.
    Suspendu de ses fonctions par Vichy, médaillé de la Résistance, il est conseiller général puis sénateur à la Libération. Président du groupe radical au Conseil de la République (futur sénat), il est ministre des Postes en 1950 puis ministre de l’Intérieur de 1951 à 1953. Farouchement hostile au Parti Communiste dans lequel il voit une menace en temps de Guerre Froide, il voit éclater « l’affaire des pigeons », qui conduit à la brève incarcération de Jacques Duclos, soupçonné d’atteinte à la sûreté de l’Etat. Surnommé « le Maccarthy français » par le PCF, il est battu à la mairie de Chartres en 1953, le PCF ayant reporté une partie de ses suffrages sur la liste modérée de droite.
    Malade, il fait sa dernière intervention publique lors du congrès radical de novembre 1955. Il y dénonce le « syndrome indochinois » qui guette l’empire colonial. Favorable à une évolution rapide des colonies et de l’Algérie vers l’autonomie, Charles Brune sort ainsi de la scène politique en partisan de Pierre Mendès-France et de la rénovation des institutions. Il meurt trois mois plus tard à 63 ans.


    Edmond Desouches, né en 1904 et décédé en 1997, quitte l’école communale à 11 ans avec un certificat d’études et travaille dans l’agriculture avant de rejoindre la régie du Syndicat électrique chartrain à partir de 1923. C’est là qu’il entre en contact avec les élus radicaux des 73 communes du syndicat, ainsi qu’avec les acteurs de la modernisation agricole et rurale du département. Monteur-électricien, chef d’exploitation et finalement directeur de la régie, il adhère au parti radical en 1930 avant d’être distingué par Charles Brune qui fait de lui le secrétaire général de la fédération radicale- socialiste d’Eure-et-Loir. A la libération, il est l’un des artisans de la reconstruction du parti républicain en Eure-et-Loir, dont Charles Brune et Maurice Viollette prennent la tête. Président de la FCPE départementale, fortement impliqué dans les organisations laïques, il parcourt le département et organise des réunions publiques dans chaque commune.
    Maire de sa commune, Lucé, de 1947 à 1989, il arrache à la droite le canton de Chartres-Nord en 1953, et succède à Maurice Viollette à la tête de la liste républicaine aux législatives de 1956. Il est réélu député de Chartres en 1958, 1962 et 1967, à chaque fois avec de très larges majorités. Outre l’appui des réseaux radicaux, Edmond Desouches bénéficie en effet d’une image de maire-bâtisseur. Lucé, sa commune, se couvre d’implantations industrielles grâce au soutien du ministre de l’Intérieur, Charles Brune, et des préfets d’Eure-et-Loir successifs, tous radicaux. Sa population croît de quelques milliers en 1950 à 5000 en 1960 et finalement 19.000 lorsqu’il quitte la mairie de Lucé en 1989, 42 ans plus tard. A cette date, Lucé compte 66% de logements sociaux. Les équipements se multiplient et Edmond Desouches devient un des spécialistes des questions de logement à l’Assemblée nationale. Administrateur puis président du conseil fédéral des HLM au niveau national, il est même pressenti, en 1967, pour être ministre du logement en cas de victoire de l’opposition au général de Gaulle aux législatives. Cette année-là, la majorité reste aux gaullistes à un siège près. Battu en 1968, il se consacre à sa ville, à la politique des HLM et sera président du Conseil général en 1976. Dans les années 1970, la signature du programme commun le pousse vers des positions centristes, à l’image du parti radical-socialiste, sans pour autant lui faire rejoindre la majorité giscardienne.


    Michel Castaing, né en 1918, il mène une carrière internationale d’expert en autographes. Il y ajoute précocement un engagement politique aux côtés du président du Conseil et père de l’Europe, Robert Schuman, et de Maurice Viollette.
    Actif militant des organisations laïques d’Eure-et-Loir, il est imposé par Viollette comme secrétaire général de la fédération radicale-socialiste en 1956. Maire de Lèves en 1965, il en fait, en 30 ans de mandat, une des communes les plus agréables à vivre de l’agglomération chartraine.
    Député-suppléant d’Edmond Desouches en 1967, président de la fédération radicale et espoir des républicains en Eure-et-Loir, il est rejeté vers le centre par la concurrence du Parti Socialiste après 1972. Aux législatives de 1973, arrivé en tête à l’issue du premier tour, il fait les frais, au second tour et contre toute attente, des divisions entre les radicaux d’Eure-et-Loir et le Parti Socialiste, divisions qui assurent l’élection du député de droite.
    Fidèle toute sa vie au radicalisme, il assiste dans les années 70 et 80 à la marginalisation de son courant politique, mais reste une figure incontournable du département et siège à la direction du Parti Radical.

    En 1972-1973, la Fédération d’Eure et Loir explose comme le parti radical au niveau national. Edmond Desouches et Michel Castaing restent neutre avant de rejoindre les radicaux de gauche dans les années 80 dirigé par Robert Huwart (succédé dans cette mission par son fils François en 1986 puis par son petit-fils Harold en 2010), maire de Nogent le Rotrou depuis 1965 et Président du Conseil Général entre 1979 jusqu’en 1985 et sa défaite face au RPR de Martial TAUGAURDEAU, Président du Conseil Général entre 1985 et 2001.


    François CATEL, en 1988, Maire de Gasville-Oisème (1989-2008) et Conseiller général d’Eure et Loir, prend la direction du Parti Radical en Eure et Loir.

    En 2001, Philippe MASSON, membre du Parti Radical, est élu Maire de Brou et entame le travail de reconstruction de la Fédération du Parti Radical d’Eure et Loir, Il est nommé administrateur provisoire de la Fédération du Parti Radical d’Eure et Loir le 30 janvier 2013.

    Pendant l’été 2011, le Fédération du Parti Radical d’Eure et Loir quitte l’UMP et se rapproche des autres formations centristes du département et décide de se doter d’une page Facebook, d'un compte Twitter et d’un site Internet.


    V- Liste des leaders du Parti Républicain Radical et Radical Socialiste en Eure et Loir (Parti Radical 28) :


    Candidature Républicaine Radical (1863-1876) puis Union Républicaine (1876-1881) puis Gauche Radical (1881-1885) d’Eure et Loir – Fondation du Banquet Marceau (1ère édition en 1869 – 115ème édition en 2010)

    1. Ferdinand GATINEAU : 1863 -1885
    Député d’Eure et Loir (1876-1885)


    Comité Républicain Démocratique d’Eure-et-Loir : 1885 - 1901

    2. Louis TERRIER : 1885-1895
    Député d’Eure et Loir (1889-1895)
    Maire de Dreux (1888-1895)
    Ministre du Commerce et de l’Industrie (1893)



    Fédération du Parti Radical d’Eure et Loir : 1901 – 2005


    3. Gustave L'HOSPITEAU : 1895-1920

    Député d’Eure et Loir (1893-1912)

    Sénateur d’Eure et Loir (1912 à 1930)

    Président du Conseil Général d'Eure et Loir (1907-1920)

    Ministre de la Justice (1920 à 1921)

    4. Maurice Violette : 1920-1935

    Député ou Sénateur d'Eure et Loir (1902-1956)

    Président du Conseil Général d'Eure et Loir (1920-1960)

    Maire de Dreux (1908–1959)

    Ministre du Ravitaillement (1917)

    Gouverneur général de l'Algérie (1925-1927)

    Ministre d'État sous le Front populaire (1936-1938)

    5- Charles BRUNE : Président du Parti Radical d’Eure et Loir 1935-1956

    Sénateur d’Eure et Loir (1946-1950)

    Ministre des Postes (1950-1951)

    Ministre de l’Intérieur (1951-1953)

    6. Edmond DESOUCHES : Président du Parti Radical d’Eure et Loir 1956-1967

    Secrétaire général du Parti Radical d’Eure et Loir 1938 - 1956

    Député d’Eure et Loir (1956-1968)

    Maire de Lucé (1947-1989)

    Président du Conseil Général d’Eure et Loir (1976-1979)

    7. Michel CASTAING : Président du Parti Radical d’Eure et Loir 1967 - 1988

    Secrétaire général du Parti Radical d’Eure et Loir 1956-1967

    Maire de Lèves (1965-1995)

    8. François CATEL : Président du Parti Radical d’Eure et Loir 1988-2005

    Maire de  Gasville-Oisème  (1989-2008)

    Conseiller Général d’Eure et Loir (mars 1992- mars 1998)

    9. Philippe Masson, Administrateur du Parti Radical d'Eure et Loir  nommé le 30 janvier 2013

    Maire de Brou depuis mars 2001


      

    Autres membres élus ou de droit du COMITE EXECUTIF DU PARTI RADICAL pour la FEDERATION D’EURE ET LOIR depuis l’année 1902.


    M. JOUANNEAU à partir de 1902

    M. BOISANFREY  1902-1905

    M. PEIGNE 1903-1904, Député 1924-1929

    M. OULIF à partir de 1903

    M. DUBOIS 1904-1906

    M. HUET-LEBIS 1905-1907

    M. GACON 1906-1907

    M. CHEVILLON 1907-1912

    M. DURENTEL 1907-1912

    M. BAUDET  1910-1918 Député  1902-1912 puis Sénateur  1912-1918

    Dr POUPON à partir de 1910

    M. CHERON à partir de 1912



    M. VINET - Sénateur 1888-1921

    M. MAUNOURY  Député 1904-1924

    M. TRIBALLET  Député 1924-1940



    M. BENOIST – octobre 1933 à 1939 Sénateur

    M. VALADIER – octobre 1933 à 1939 Sénateur

    M. MITTON – octobre 1933 à 1955

    M. FETTU – octobre 1933

    M. MARQUIS – octobre 1933

    M. LANGE – octobre 1933

    M. RABOURDIN – octobre 1933

    M. CUPFER Député 1956-1958

    M. RASTEL – 1960-1967 CG28 DREUX

    M. BREAN – 1945-1958 CG28 ANET

    M. ROUX – 1945-1951 CG28 AUNEAU

    M. PERROT – 1958-1979 CG28 AUNEAU

    M. SEDILLOT – 1945 -1958 CG28 AUTHON

    M. ALCOVER 1964-1979 CG28 AUTHON

    M.PATEL 1945-1951 CG28 BONNEVAL

    M.DELAVALLEE 1945-1961 CG28 BROU

    M. GAUCHERY 1965-1973 CG28 CHATEAUDUN

    M. MARTIN 1945-1955 CG28 CHATEAUNEUF

    M. HERVE 1951-1955 CG28 CLOYES

    M. MERILLION 1955-1958 CG28 CLOYES

    M. THIBAULT 1955-1961 CG28 LA FERTE VIDAME

    M. ASTOR 1949 -1955 CG28 ILLIERS

    M. BILLEBAULT 1955 -1961 CG28 ILLIERS

    M. GILLOT 1961-1979 CG28 ILLIERS

    M. MONTEIL 1945-1949 CG28 JANVILLE

    M. MATHET 1961-1967 CG28 JANVILLE

    M. GEORGEAU 1970-1979 CG28 LA LOUPE

    M. CHAISE 1951-1970 CG28 NOGENT LE ROI

    DR. FOURNIER 1945-1963 CG28 SENONCHES

    M. LAMIRAULT 1967-1979 CG28 THIRON GARDAIS

    M. GOMMIER 1945-1976 CG28 VOVES

    M BONNET 2010 - 2016 Membre du conseil de la présidence

    M SOUNI 2013 - 2015 Conseillier Municipal de Dreux